épuisé |
Ivar Ch’Vavar
Cadavre grand m’a racontéLa première édition de Cadavre grand m’a raconté, parut il y a dix-huit ans – édition « underground », tiré à 350 exemplaires – vendue en quelques mois. L’ouvrage est introuvable depuis, mais n’a jamais été oublié, et bien des voix, année après année, se sont élevées pour demander sa réédition. Cadavre grand se présente comme une anthologie des poètes fous, crétins, naïfs du Nord de la France, réunie par l’abbé Lepécuchel et ses « disciples » Ivar Ch’Vavar et Alix Tassememouille… L’abbé Lepécuchel n’a jamais existé, Alix Tassememouille non plus, la plupart des auteurs présentés dans l’anthologie pas davantage. – Dans la première édition, ces auteurs étaient vingt-deux. Ils sont maintenant quatre-vingts, on change donc de dimension.
Cette nouvelle édition réunit une majorité de poètes inventés (leur personnalité, leur biographie, leurs textes), par Ch’Vavar et quelques autres, une poignée de poètes « réels » (existant bien !), comme Lucien Suel et Konrad Schmitt (deux grandes figures du Nord), quelques naïfs authentiques aussi, et… il y a d’autres cas de figures, et le « degré de réalité » de tel ou tel auteur n’est pas toujours facile à apprécier ! Certains des auteurs existants ont acceptés de se voir dotés, dans la notice qui les présente, d’une « vie imaginaire »… Mais ce qu’il faut souligner : ce livre est un tout, constitue bien une œuvre, une œuvre complexe, foisonnante, pleine d’échos, et partout marquée de signes de reconnaissance, œuvre labyrinthique, égarante au possible, mais une, et d’une grande force et invention.
Et cette œuvre forme un univers. L’univers fantasmé du Nord, mais fantasmé jusqu’à sa plus grande réalité, jusqu’au moment où sa réalité profonde se dévoile et apparaît dans une évidence crue et bouleversante. Ce livre monstrueux, totalement inclassable, ne ressemblant à rien de connu, c’est encore – même obliquement – un livre sur la poésie, ses trucs, ses charmes, ses prestiges. Sur la force de l’imaginaire, aussi, qui, pour Ivar Ch’Vavar est ce qui peut nous rapprocher le plus du réel… Et ce qui frappe le plus, en définitive, à la lecture de Cadavre grand, c’est paradoxalement, l’extraordinaire impression de réalité, de véracité, que nous ressentons.
Du même auteur :
|